Les Black Rebel Motorcycle Club qui jouent l’intégrale du cultissime « Howl »… voilà le genre de rendez-vous qui ne se manque pas ! L’Olympia affichera d’ailleurs complet pour cette soirée que Robert Levon Been et sa bande perfuseront d’un show (relativement) calme mais intense.
Attention, tournée Howl, soit l’album le plus calme de la discographie des Black Rebel Motorcycle Club. Benjamin prévient Guillaume mais ils se chauffent quand même un peu.
D’un pas rapide, on rejoint le 9ème puis les grands boulevards, capuches sur la tête, il fait frais, le temps est humide. On arrive 20 minutes avant la première partie. La fosse est déjà bien remplie de quadras et quinquas assez décidés à rester cloués au sol. En effet, on ne bougera pas d’un pouce avant le moment fatidique…
Toujours un plaisir de se retrouver à l’Olympia. On a le temps d’observer la salle, qui s’embrume de fumée. Lumières basses, sombres, la première partie débute : Night Beats.
Trio, mais en réalité un seul homme, qui mène la danse, un moustachu au chapeau de cowboy. Le son est bruyant, une sorte de country blues rythmée. En fait, les musiciens sont très bons, surtout le leader qui manie très bien sa guitare mais le son est trop saturé pour nous. La basse est trop forte. On entend à peine le chanteur et on se perd un peu pendant ces 45 minutes. Le son est absolument sourd. Dommage.
Le set est un peu sauvé par l’arrivée sur scène de Robert Levon Been. Il s’installe au piano, configuré en orgue pour ajouter une couche sonore à tout ça. Les graves font vibrer la salle mais je retiens surtout sa voix si particulière venant s’ajouter à celle du frontman.
« Howl »... la totale !
Attente.
Le show démarrera à 21h15. Lumières ultra-tamisées, gros accueil mais dans une ambiance quasi religieuse : quelques mots dans un anglais sans efforts, et c’est parti… tout doucement !
Robert sera le seul à parler et annoncera la couleur après quelques morceaux : ce soir, ils joueront l’album « Howl » en entier !
Concert en deux phases donc. On sait que nous ne bougerons pas avant un moment. L’album faisant 75 min de concert maximum, le tout durant plus de 2h, il y aura un avant et un après…
Guitares acoustiques, vifs applaudissements en fin de chansons, mais pendant les interludes, on entendait une mouche voler… Les chansons s’enchaînent, planantes, tout est calme... Au grand désespoir des amateurs de pogos, qui semblent rester sur leur faim… On aura évidemment la chanson « Ain’t No Easy Way » qui fait bouger la foule de quelques pas mais le reste des morceaux calme tout le monde. Finalement, cela commencera à bouger sérieusement notamment avec « Beat The Devil’s Tattoo », en seconde partie.
Je me délecte de « Howl », même si la version studio met beaucoup plus en valeur la composition « complexe » de la chanson.
J’adore aussi le morceau folk de « Weight Of The World ». La voix de Robert peine un peu parfois, surtout dans les aigus. Peter Hayes chante très très juste ; sa voix n’a pas changé. Aucune fausse note, bien sûr. On ne verra pas son visage : dans la pénombre et encapuchonné tout le concert. Robert essaie de la lui enlever à la fin, découvrant ses cheveux tout gris, ébouriffés, mais il la remettra immédiatement.
En acoustique bien sûr, j’apprécie particulièrement « Mercy » chantée par Robert avec son style bien à lui, proche du micro, peu articulée ; les titres de « Howl » s’enchaînent et plusieurs fois, un des deux chanteurs se retrouve seul sur scène. Vient « The Line », chantée à deux voix, comme une dernière messe (ou plutôt avant-dernière avant la bascule). Les voix des deux frères se mêlent et enchaînent les titres folks avec brio, justesse, dans toute leur talentueuse musicalité. Un peu de trombone, du piano viendront agrémenter le tout lors de quelques chansons.
Après une bonne heure et quart, le son de la basse retentit et je reconnais le morceau « Red Eyes And Tears », que j’adore. Ayant suivi l’enchaînement des titres précédents, je sens donc le changement et adresse des petites tapes sur l’épaule de mon frère qui est juste devant, comme pour dire « voilà » !
Le morceau dure et ils ajoutent une longueur de plus dans une lumière rouge et noire. C’est pas encore l’effervescence mais la température monte d’un coup et les décibels aussi.
« White Palm » continue le travail et Robert harangue la foule avec sa basse. Autre moment attendu : il troque sa basse pour la guitare dédiée au morceau (qu’il joue parfois à vide, en soignant son jeu de scène), « Beat The Devil’s Tattoo », classique, qu’on entend venir aux premières notes. Ça bouge enfin vraiment dans la foule, mais ça ne s’emporte pas encore complètement. Le morceau, génial, est sur un rythme un peu partagé. C’est la chanson qui emporte tout, et nous projette vers l’avant : « Berlin ». Je m'engouffre dans la brèche, Je suis sûr que Guillaume est vers moi, derrière, et que Céline va voir tout à coup beaucoup mieux ! On s’était dit que si ça bougeait beaucoup, on se retrouverait après. Le morceau est bien rythmé et on se retrouve direct à sauter et bouger, ça continue avec « Conscience Killer », et on commence sérieusement à transpirer. Puis deux classiques : encore du premier album, font déchaîner les troupes.
« Whatever Happened To My Rock’n’Roll » (ils l’ont encore !) + « Spread Your Love », que j’adore. Pour celle-ci, un inconnu un peu nerveux, vêtu d’un blouson en cuir les rejoint sur scène pour chanter. Il provoque la foule et s’amuse à faire glisser le pied de micro entre ses jambes : pas la même subtilité que les deux autres, mais ça doit être un pote, que rappelle leurs fréquentations musicales, qui restent « blousons noirs ». Après vérification, il s’agit de Nuuk Kataja de Dead Combo (?!). Le morceau fonctionne à tous les coups.
Je pense à ceux du balcon qui nous voient nous exciter en bas dans la fosse. Je garde un œil de temps en temps sur Guillaume qui fait du pogo.
Qui vois-je arriver pour les deux derniers morceaux devant : Céline, qui vient se mêler aux gens en sueur !
On redescend d’un cran avec « Shadow’s Keeper » qui mélange passages tranquilles et énervés. Robert bouge très bien et pousse encore sur la voix. Avant, il remercie la foule et explique la chance qu’ils ont, et ils le réalisent, de pouvoir rejouer cet album qu’ils apprécient beaucoup.
Ils clôturent le set avec un long morceau qu’ils font durer et qu’ils modifient un peu, pour une dernière « messe ».
« Open Invitation ». Encore une fois, leurs voix se mêlent. J’essaye de ne pas voir un signe en entendant « And We May Never Be Here Again ». Robert qui le selle en dernier, les lumières se rallument. C’était le dernier morceau de l’album « Howl ». On se fait servir de l’eau par la sécurité à l’avant et on en récupèrera plus tard à la fontaine à eau. File d’attente pour récupérer nos affaires. On en profite pour se prendre en photo dans le hall de l’Olympia, puis devant, à l’extérieur, éclairés par les grandes lettres en rouge…
L’album « Howl » est joué en intégralité, mais nous partirons en ayant loupé sans le savoir, 2 chansons, qui ont été jouées plus tard, alors que beaucoup (dont nous) avait quitté la salle : on a raté Robert, revenu jouer deux morceaux seul face au public qui restait…. (don’t « Rifles » !)
Les deux frangins excités des concerts, Benjamin et Guillaume, et Céline (la (presque) toute sage en seconde ligne).
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